[ PHOTOGRAMME ]
 

 

UN PEU DE THEORIE

Introduction
Les anciens procédés de fabrication de papier photographique fonctionnent tous suivant le même principe : ils ne sont sensibles qu'aux rayons ultra-violets. Cela signifie que l'agrandisseur peut être rangé au placard puisque les U.V ne passent pas à travers les doubles lentilles de votre condenseur et les triples lentilles (au bas mot) de votre objectif.
Cette particularité des procédés alternatifs crée une contrainte qui n'est pas des moindres : on ne peut travailler que par contact. La dimension du négatif définit donc la dimension de votre tirage. En d'autres mots, si vous souhaitez réaliser un superbe tirage à la gomme en format 50/60, il vous faudra réaliser un négatif de cette taille...Une seule excption qui vient confirmer cette règle le célèbre tirage Fresson, à base de gélatine à l'instar du papier charbon et qui s'expose sous un agrandisseur muni d'une lampe à arc...
Le problème ne se posait pas pour les anciens - mais il se pose pour les modernes... - puisque ceux-ci travaillaient avec des appareils qui produisaient toujours des négatifs de grand format. Ils n'utilisaient donc pas d'agrandisseur. Puis les choses ont évolué et les formats des négatifs ont peu à peu diminué, jusqu'à devenir du 24/36 voire plus petit.

Comment réaliser un grand négatif?
Photocopie laser
d'après photo N/B
positive
Négatif en papier huilé d'après
diapositive N/B agrandie
  • Le principe de la création d'un grand négatif est toujours le même : il faut d'abord créer par contact (ou avec un repro de diapositive que l'on fixe au bout de son appareil photo) un petit positif de la taille de votre négatif. Ensuite, vous agrandissez ce petit positif soit sur un plan film, soit sur papier RC très fin. Ainsi vous obtiendrez un grand négatif.
  • Pour débuter, le plus judicieux et le plus économique est peut-être de réaliser des photocopies laser dans des printshops spécialisés. A partir d'une photo noir et blanc positive, on pourra vous faire un négatif format A4 d'une bonne qualité. Evidemment, certaines nuances de votre négatif disparaitront. Il faudra donc se tourner vers d'autres alternatives si vous souhaitez faire du très bon travail,
  • Acheter des plans films,
  • Travailler en format moyen voire en grand format,
  • Utiliser du papier RC très fin, afin que les UV passent au travers,
  • La technique que nous utilisons est celle de l'huilage de papier baryté (support carton). Celle-ci fonctionne très bien et est très économique. On réalise avec un appareil à reproduire les dias un petit positif. Ensuite on agrandit celui-ci sur du papier baryté AGFA mat. On obtient ainsi un grand négatif. Puis on trempe durant au moins 48h ce papier dans un bain d'huile non végétale, et le tour est joué! Seul désavantage : vous obtiendrez des temps d'exposition très longs.
Avec quelle lampe U.V travailler?
  • Soit travaillez avec un banc solaire ( à mettre à 20 cm de l'émulsion pour les tirages à la gomme afin d'éviter que la chaleur n'insolubilise la couche!)
  • Soit munissez-vous d'une lampe U.V avec un ballast. Cette lampe possède l'avantage de pouvoir pratiquer tous les formats souhaités, ce qui n'est pas le cas du banc solaire (limité par la taille de ses néons).
  • Soit travaillez en été, au bord de la piscine, avec un petit verre de pastis à la main, tout en exposant votre papier au soleil...
Faut-il travailler sous lampe inactinique?
  • Non, puisque le papier n'est sensible qu'aux U.V! Vous pouvez donc étendre tranquillement votre émulsion à la lumière artificielle (lampe 40 w, ou néon). Vous pouvez même émulsionner votre papier à côté de votre ordinateur. N'est-ce pas magnifique?
  • Pour le sèchage du papier émulsionné, il est conseillé de le faire dans la pénombre et dans un endroit bien ventilé. N'utilisez jamais de sèche-cheveu pour le tirage à la gomme : cela rendrait la couche photosensible insoluble!

L'exposition
  • Les temps d'exposition sont beaucoup plus longs par rapport à ceux du papier classique sous agrandisseur. Il n'est donc pas rare d'avoir des temps d'exposition de plus d'une 1/2 heure pour des cyanotypes.
  • Tout cela dépend en fait de la densité du négatif que vous utilisez et des particularités de son support. Si le négatif est une photocopie laser, il ne faudra guère compter plus de 5 minutes. S'il s'agit d'un plan-film légèrement surexposé, il faudra compter 45 minutes au bas mot pour un cyanotype.
  • Pour exposer votre papier sensible, vous pouvez aussi utiliser le soleil comme source d'U.V, mais cette source a le défaut de n'être pas constante : nuages, intensité qui croît ou décroît en fonction de l'heure, etc.
  • Enfin, il vous faudra vous munir d'une plaque en verre pour garantir un contact optimum entre le négatif et le papier sensible lors de l'exposition. Cette plaque ne peut excéder les 5mm d'épaisseur, sinon les U.V ne passeront plus au travers de l'épaisseur du verre.
Quel papier utiliser?
  • L'avantage des anciens procédés est que vous pouvez utiliser des supports bien plus nobles que ceux utilisés pour le papier photographique "classique". Vous pouvez utiliser n'importe quel papier, il faut seulement qu'il ait un grammage important(180 grs/m2 est un minimum) et qu'il soit très bien encollé, comme le papier pour aquarelle par exemple.
  • Le meilleur papier à utiliser est certainement l'Arches Platine (prévu pour le tirage au platine). Pour le tirage à la gomme, il vous faudra légèrement le réencoller, pour les cyanotypes il est parfait.
L'encollage
  • Des papiers réservés à la gravure par exemple sont très peu encollés. Cela signifie qu'ils ont peu de colle dans leur fibre et qu'ils sont très perméables. Ce type de papier ne convient pas aux anciens procédés car l'émulsion s'enfonce trop dans le papier et l'image devient pâteuse.
  • Il faut donc utiliser des papiers très bien encollés.
  • Si vous souhaitez néanmoins utiliser du papier peu encollé, vous pouvez l'encoller par vous-même.
  • Pour préparer un litre de colle, il vous faut :
    • Gélatine : 30 grs (pour le papier très peu encollé à la base)
    • Eau distillé : 500 ml
    • Alcool, genre méthanol : 100 ml (cela facilite la pénétration de l'alcool dans le papier)
  • Motus operandi : Mélanger la gélatine à 200 ml d'eau froide et laissez gonfler. Incorporez ensuite le restant d'eau. Chauffez le tout au bain-marie à 50 degrés, ajoutez au mélange l'alcool.
    Etendez la gélatine au pinceau ou au rouleau. Laissez sècher. Trempez la feuille dans une solution de formol à 20% pendant quelques minutes. Le formol durcira la gélatine et l'insolubilisera. Cette opération est à réaliser en plein air car les vapeurs de formol sont toxiques!! Rincez au moins 1/4 d'heure à l'eau courante vos feuilles encollées car le formol insolubilise la gomme arabique. Si vous ne lavez donc pas soigneusement le papier, vos gommes restront noires à tout jamais! (ce qui est gênant...)
Le fonctionnement par image apparente
  • Les anciens procédés photographiques fonctionnent tous par image apparente : l'image apparait lors de l'exposition. Mais elle n'apparaitra jamais de manière parfaite et définitive, il faudra encore procéder au dépouillement dans de l'eau. Cette apparition de l'image permet de contrôler de manière efficace l'exposition de votre photographie. Vous pouvez éteindre toutes les 5 minutes votre banc solaire pour voir où en est le tirage. Cette particularité permet donc de travailler sans faire de bandes d'essai.
 

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THIERRY DONNAY

1997 -1999©